mercredi 20 janvier 2021

La démocratie peut-elle survivre à l’époque ?

 De l'attaque du Capitole à la crise sanitaire, la démocratie peut-elle survivre à l'époque? On en parle avec Marcel Gauchet, historien et philosophe, auteur de "L'Avènement de la démocratie" (Gallimard).

Philosophe contemporain et historien, l'auteur de l'ouvrage Le Désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion (Gallimard 1985) a pensé la religion, l'école, la politique. Parmi ses autres ouvrages, il publiait en 2017 le dernier volume de la série Le nouveau Monde, sur les paradoxes du monde nouveau apparu post crise de 1970, ou encore, en 2007, La crise du libéralisme (1880-1914). Depuis 1990, il est directeur de la Collection « Le Débat-Gallimard» aux côtés de Pierre Nora, et rédacteur en chef de 1980 à 2020 de la revue « Le Débat », fondée par ce même Pierre Nora - la revue ayant cessé de paraître en septembre 2020.

Dans L'Avènement de la démocratie, Marcel Gauchet théorise l’émergence de démocratie à la conjonction de trois « vecteurs » : le « politique, » avec l’avènement de l’État moderne, exercice du pouvoir ne tirant plus sa légitimité de la transcendance; le « juridique », avec l’émergence des droits de l’Homme, et « l’historique », avec la sortie de la religion et l’avènement de l’économie libérale capitaliste. Une fois acquise, l’idée de démocratie s’ancrerait si profondément dans les consciences qu’un retour en arrière définitif serait de fait impossible. 

Néanmoins, bien qu'invulnérable dans son concept, la démocratie serait par nature en constante instabilité; ses trois éléments constitutifs, en « perpétuelle évolution », entrent en tension les uns avec les autres. Sa pratique est donc nécessairement problématique, elle peut conduire à une paralysie de l’action, donc du devenir de la démocratie.

Ainsi, rien n’est jamais acquis et la pratique démocratique est un combat permanent à l’épreuve du réel. En outre, symptômes de maux démocratiques à la fois structurels et conjoncturels, la gestion du COVID, le populisme, l’individualisme et la profonde défiance dans l’action politique sont le révélateur des maladies dont souffre la démocratie. Leurs causes sont pour l'auteur institutionnelles et conjoncturelles : la classe politique n’était pas à la hauteur du défi révélant une conception problématique du pouvoir et de l’action publique. 

Et, face à la crise, la tentation du "comme avant" sera forte, au moins jusqu’à la crise économique qui pourrait avoir plus d’effet politique que la crise sanitaire. Le populisme, souvent pointé comme une menace pour la démocratie, serait le signe d’un besoin de démocratie, d’une défaillance de la pratique démocratique. Marcel Gauchet nous invite ainsi à sortir de l'aveuglement. 

La démocratie n'a plus d'ennemi mais elle n'a plus de démocrates à son secours, et c'est de démocrates que la démocratie a besoin. (Marcel Gauchet)

Ce que la démocratie ne sait plus faire, c'est mettre en forme le processus de décision collective qui est en son centre : nous avons un problème de fonctionnement de la démocratie et pas de contestation de son principe.

La protestation populiste peut fonctionner comme un rappel de la démocratie à ses exigences fondamentales, qui sont celles de mener une politique au delà des divisons. (Marcel Gauchet)

Impérieuse est alors la nécessité de poser un diagnostic. L'auteur insiste sur le besoin de savoir non seulement d’où l’on vient mais où nous en sommes avec la démocratie, de relever le défi de comprendre le présent. Avant d’espérer, mais pas trop, des évolutions et des transformations qui se feraient d’abord de l’intérieur, sur le terrain des représentations, des croyances, des systèmes de valeurs. Et de placer quelques espoirs dans l'idée que la crise du COVID pourrait jouer un rôle d’électrochoc.

Extrait Papa Deimba Diallo Gouverneur de Sédhiou sur l'état d'avancement des travaux de l'Etat

La Mairie de Bounkiling donne 7000 masques pour barrer la route au covid-19 dans la commune

Extrait Doudou Totala Diédhiou coordonnateur de la petite enfance

samedi 5 décembre 2020

Les étudiants occupent la rue



 Ce vendredi 04 décembre un après-midi chaud dans le campus universitaire Cheikh Anta Diop de Dakar, les étudiants des facultés confondues ont déversé leur colère sur la rue pour demander le paiement rapide des arriérés de bourse du mois d'octobre et novembre.

Une démonstration qui a valu l'occupation de l'artère principale et le blocage du trafic pendant plusieurs heures, occasionnant l'intervention de la police par des tirs de Gaz lacrymogène et autres.

La place Cheikh Anta Diop, sanctuaire aménagé en la mémoire du parrain porte l'empreinte d'échauffourées par des pierres et gourdins abandonnés par les frondeurs.

Quelques instants après l'arrêt des hostilités, les jeunes ont encore importé leur désarroi au niveau des restaurants où ils ont exigé le service gratuit, tous ces gestes sont accompagnés par des chants et cris stridents dans les différents pavillons.




mercredi 25 novembre 2020

Les candidats de l'impossible sur les routes de l'impossible




Plus  400 personnes ont péri aux larges des côtes de la méditerranée, à bord des embarcations de fortune. Selon les médias occidentaux, les victimes déboursent plus de 400000 francs CFA , ces candidats à l’émigration nourrissent l’espoir d’un lendemain meilleur, au prix d’un sacrifice de leur vie. N’importe quel chemin mène à Rome, c'est la perception qu'ils donnent. Un phénomène qui reprend de plus belle  dont  les explications fournies par les deux camps sont loin de retenir l’attention de l’opinion.

Au courant de cette semaine, des informations parues dans les colonnes de la presse nationale comme internationale font état de chiffres qui font froids au dos et traduisent avec netteté  le drame de l'émigration clandestine. Les pays de l'Afrique subsaharienne sont les plus touchés.

Le phénomène migratoire n'est pas chose nouvelle, depuis des siècles les hommes ont migré de continent en continent ou de pays en pays à la recherche de devenir meilleur ou dans l'espoir de trouver "l'Eldorado".

Ces jeunes ou moins jeunes qui décident de prendre les chemins de l'impossibles, bravent la bise maritime, la soif ou la faim pour atteindre les côtes Européennes, souvent dans un état piteux comme les images le montrent.  Si certains arrivent à réaliser leur rêve par miracle par contre d'autres voient   leur projet  brisé dans l'atlantique ou dans la Méditerranée. Ceux qui ont la chance arrivent d'autres sont repêchés par les gardes- côtes puis acheminés dans ces îles italiennes ou Espagnoles.

Pourtant, les solutions ne manquent pas dans les pays d'origine certains ont été  miroités par ces expatriés qui tronquent leur vécu en Europe pour  montrer une fausse image de leur vie infernale. Selon, les médias occidentaux, ces camps de transits où des tentes sont  improvisées pour accueillir ces migrants sont synonymes de prisons déguisées, des dortoirs sont pour eux des maisons de luxe. Sous le climat moins clément pour ces africains ,ils en décousent avec le froid dans ces champs de vignes ou de tomates. Des métiers abandonnés sur place pour aller faire pire.

Ce mirage de l'Europe, repris par plusieurs auteurs africain à l'aube de l'indépendance revient sous plusieurs formes où il nous prend toute notre jeunesse à  la quête du bonheur.

S'ils avaient raison?

Difficile de trancher cette question car entre l'administration qui  crie quotidiennement avoir crée des emplois et ces jeunes pressés de payer le tribut à leurs parents, emprunte le chemin du risque, une communication qui va peiner à prendre forme.

Selon un sociologue sénégalais, "le malheur de nos pays africains c'est leur jeunesse à la fois elle est motrice mais handicap", narre-t-il sur le plateau de la TFM




.

Ont-ils torts?

Le mirage de l’Europe n’est pas une chose nouvelle en Afrique, bon nombre d’intellectuels ont terminé leurs études et ont choisi de rester, pensant que ce choix est le meilleur.

Aujourd’hui, la plupart des Etats Africains ont vécu plus de 50 ans d’indépendance avec des politiques économiques et sociales controversées, d’autres vivent sous le joug d’une instabilité politique sans précédent.

Les orientations gouvernementales sont de plus en plus sombres en matière d’employabilité des jeunes, ces derniers fuyant le chômage chronique et traumatisant, finissent par opter pour l’exil.

Ces propos ressortent des entretiens réalisés par info-migrants aux candidats retrouvés dans les camps ou des rescapés de chavirement qui prétendent y retourner quand l’occasion se présente.

Ces voyages synonymes de descente aux enfers, n’émeuvent personnes, les parents croisent les doigts en attendant le coup de fil libérateur ou celui qui les enfonce après avoir donné toute leur économie.

Ces morts que les chaînes étrangères exhibent tout au long de leurs bulletins d’informations ou des corps  rejetés par les eaux qu’on identifie guère, honorent de loin ce vieux continent qui se cherche et se perd dans ses manœuvres ostentatoires.

Au Sénégal, la question est perçue sous des angles différents, d’abord, le gouvernement n’en fait pas son cheval de bataille encore moins sa préoccupation, en pleine crise pour détourner l’attention, on remanie le gouvernement, on inaugure des édifices pendant que la nation est plongée dans un deuil total.

A ce sujet, Sahite Gaye enseignant –chercheur, interviewé sur les ondes de la RFM par de contournement par le feu pour détourner le regard du peuple sur d’autres questions moins importantes.

Cette façon de faire n’est pas gratuite ajoute-il.



 


Analyse des risques systémiques et enjeux politiques liés aux réformes de l’Autorité de Régulation Pharmaceutique (ARP)

  La présente note vise à : • analyser les risques stratégiques, politiques et institutionnels induits par les réformes en cours au sein...